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Interventions étrangères et insurrections transnationales dans le Sahara-Sahel

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Interventions étrangères et insurrections transnationales AU Sahara-Sahel

Olivier Walther

2019-2020

Responsables de la recherche à UF : Professeur associé invité Olivier J. Walther (chercheur principal) et Professeur Leonardo A. Villalón. Collaborateurs : Dr. Tatiana Smirnova, Mr. Matthew Pflaum. Responsable à l’OCDE : Dr. Marie Trémolières. Consultants : Professeur assistant Steven M. Radil et Mr. David Russell.

Contexte
Depuis la fin de la guerre froide, la légitimité de nombreux États africains a été remise en question par des groupes rebelles réclamant plus d’autonomie politique, des organisations extrémistes violentes affiliées à Al-Qaïda ou à l’État islamique, et des groupes d’autodéfense locaux créés en réponse à l’augmentation des violences organisées sur le continent. La situation est particulièrement préoccupante au Sahel et au Sahara, une région où les organisations extrémistes et les rebelles sécessionnistes ont récemment prospéré grâce à la porosité des frontières et à l’incapacité des États à contrôler pleinement leur territoire.

La dégradation de la situation sécuritaire a amené les pays occidentaux à intervenir militairement dans l’espoir de stabiliser la région, d’empêcher la propagation d’idées extrémistes et de mettre fin à la violence à l’encontre des civils. En parallèle, les pays africains ont formé des coalitions qui, outre la mise en commun de personnel militaire et de matériel, permettent également de partager des informations sur les déplacements des rebelles et des organisations extrémistes. Ces initiatives ont toutefois rencontré de nombreux obstacles et des résultats mitigés.

Objectif
L’objectif de ce projet est d’analyser les facteurs de violence récents en Afrique de l’Ouest, leurs caractéristiques et leur évolution. À l’aide de cartes et de graphiques, le groupe de recherche de l’Université de Floride sur le Sahel examine les insécurités et leurs interactions dans une perspective régionale et multidimensionnelle.

Methodologie
Le projet développe des données fiables sur les schémas spatiaux et les réseaux sociaux des organisations extrémistes violentes dans le Sahara-Sahel au fil du temps et à l’échelle géographique et temporelle la plus fine. Trois études de cas où des organisations terroristes se sont développées particulièrement rapidement depuis le milieu des années 1990 ou ont été fortement touchées par des offensives menées par les Occidentaux sont examinées : la guerre civile au Mali, l’insurrection de Boko Haram autour du lac Tchad et la guerre civile en Libye. Dans ces conflits, les relations entre les belligérants sont souvent caractérisées par des alliances et des conflits changeants. En conséquence, les groupes qui se sont alliés un jour peuvent se battre le lendemain. Une instabilité similaire caractérise les combattants individuels, dont l’allégeance au gouvernement, aux forces rebelles ou aux groupes extrémistes violents peut changer rapidement. Cet environnement fluide est cartographié à l’aide d’une analyse dynamique des réseaux sociaux.

Le projet utilise ensuite les données générées dans les trois cas précédents pour étudier l’effet des interventions étrangères sur les réseaux d’alliances ou de conflits entre organisations extrémistes violentes de la région. Les interventions étrangères amènent-elles les groupes armés à s’aligner sur le camp qui, selon eux, a les meilleures chances de gagner le conflit ou renforcent-elles les divisions internes au sein des groupes ? Comment les puissances étrangères devraient-elles choisir entre des groupes en conflit ? Quelle stratégie d’intervention est la plus susceptible de promouvoir la coopération entre les parties en conflit tout en réduisant la violence ? En l’absence de réponses fiables à ces questions, les décideurs sont obligés d’élaborer leur politique étrangère dans un vide partiel d’informations, ce qui alimente parfois les perceptions grandissantes du public selon lequel les États occidentaux sont en perpétuelle guerre contre un ennemi indéfini.

Financement
Ce projet est financé par le Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest de l’OCDE (CSAO). Il s’appuie sur un memorandum of understanding signé en 2017 entre l’Université de Floride et l’OCDE.

Publications
– OECD/SWAC 2014. An Atlas of the Sahara-Sahel: Geography, Economics and Security. Paris, OECD Publishing, Paris (lire).
Radil S, Flint C, Chi SH. 2013. A relational geography of war: Actor-context interaction and the spread of World War I. Annals of the Association of American Geographers 103(6): 1468–1484.
– Walther O, Miles W. (eds) 2018. African Border Disorders. Addressing Transnational Extremist Organizations. New York, Routledge (lire).
– Walther O, Leuprecht C, Skillicorn D. 2017. Political fragmentation and alliances among armed non-state actors in North and Western Africa (1997-2014). Terrorism and Political Violence (lire).
– Walther O, Christopoulos D. 2015. Islamic terrorism and the Malian rebellion. Terrorism and Political Violence 27(3): 497-519.